Revue Idiocratie
Mars 2020

1. Le triomphe de Thomas Zins est avant tout une histoire d’amour : celle de deux jeunes gens dans la France provinciale, sous le règne de François Mitterrand. Écrire une histoire d’amour, c’est prendre le risque du ridicule, à fortiori quand il s’agit d’adolescents. Pourquoi avoir pris un tel risque ?

 

Je ne me suis pas posé la question. Raconter cette histoire-là relevait pour moi de l’évidence. Lire la suite...

Maelstrom
Novembre 2010

Vous avez écrit deux romans, La vague à l’âme et Principe de précaution, vous pouvez revenir sur la genèse de ces deux livres ?

À l’origine, Principe de précaution était une nouvelle, que j’ai écrite en novembre 2004, à l’occasion d’un fait divers qui s’était déroulé en Normandie : un adolescent avait assassiné toute sa famille, sans le moindre mobile. Des carnages identiques se répètent d’ailleurs régulièrement. Puis le tsunami est arrivé et je me suis retrouvé confronté, comme tout le monde, aux images de cette catastrophe naturelle, en même temps qu’au « formidable élan de générosité » qui a suivi, ici, en Occident, et qui avait quelque chose de dément. Lire la suite...

Le risque zéro existe-t-il ?
Bernard Quiriny
Chronicart, mars 2009

Ultraviolence et capitalisme impitoyable d’un côté, maternage généralisé et bonne conscience humanitaire de l’autre : Matthieu Jung ausculte notre époque schizophrène dans un roman réaliste acide et jubilatoire. La relève de Houellebecq serait-elle arrivée ?

Pascal, quadra moyen, marié-deux-enfants, un pavillon en banlieue, un bon poste dans une banque d’affaires à Paris et pas tellement d’idées à lui : c’est le héros plus que normal du Principe de précaution, le deuxième livre de Matthieu Jung. Un roman social cruel et implacable, un page-turner captivant (difficile d’arrêter une fois lancé) et, surtout, une observation lucide et impitoyable des années 2000, avec une intrigue qui, en prenant pour décor les événements réels des années 2004-2005, analyse tous les paradoxes d’aujourd’hui : capitalisme élitiste et violent vs État-garderie maternant, omniprésence médiatique du cul vs frustration sexuelle généralisée, exaltation de la solidarité vs incompréhension entre générations, etc. C’est bien vu, diaboliquement efficace, redoutablement percutant : Matthieu Jung chasse sur les terres de Houellebecq (mais pas seulement), renoue avec culot avec la veine du roman « sociétal » (pour ne pas dire « social ») et offre l’un des meilleurs livres de cette rentrée. Entretien.

Chronic’art : Principe de précaution est-il un roman « politique » ?

 

Matthieu Jung : Lors d’un bref épisode caniculaire qui s’est produit au début de l’été dernier, alors que j’attendais le métro, il m’a été loisible d’entendre pour la première fois de ma vie une annonce recommandant aux usagers de penser à s’hydrater. Lire la suite...